Le droit universel à une alimentation durable

A l’instar des constats posés à l’échelle nationale, le diagnostic agro-alimentaire de l’Arrondissement de Liège Métropole démontre une précarité grandissante des citoyens liégeois. Cette précarité, qu’elle soit énergétique et/ou sociale, est de plus en plus fréquemment corollaire d’une précarité alimentaire. Beaucoup de personnes ont faim et rognent sur leur budget alimentaire pour faire face aux autres dépenses essentielles que sont le logement, l’énergie, la mobilité, les vêtements, …

Il est, en effet, estimé que, en Belgique, 600 000 personnes, soit 5% de la population, ont eu recours à l’aide alimentaire en 20211. Cette aide prend aujourd’hui diverses formes : la distribution de colis, les épiceries sociales, les restaurants sociaux, les chèques alimentaires, les aides financières, les foodtrucks solidaires, … Les sources principales d’approvisionnement sont les produits FEAD (achats publics de denrées de base de longue conservation à l’initiative du SPP Intégration sociale), les produits collectés par les banques alimentaires auprès des entreprises et des filières agro-industrielles et les invendus de la grande distribution. Cette solution contribue au maintien d’un système agro-industriel peu durable, stigmatise les plus fragilisés et ne constitue pas une solution structurelle.

A côté de la faim, il y a la malnutrition. Si elle touche davantage les populations défavorisées, elle n’en est pas moins un problème général : la moitié de la population est en surpoids. Plus de 16% sont en situation d’obésité. Un autre indicateur est la consommation de légumes. Seulement 15% de la population mangent les 5 portions de fruits et légumes recommandées avec insistance et 17% n’en mangent pas quotidiennement2. Sciensano a montré qu’il est environ deux fois plus cher de construire un régime alimentaire équilibré que de se contenter d’une consommation qui permet d’assurer le minimum calorifique nécessaire.

Le tableau n’est pas plus brillant du côté de la production. Nos systèmes alimentaires sont largement caractérisés par l’internationalisation du commerce agricole et par le pouvoir de marché de la grande distribution. Les circuits courts apparaissent comme des exceptions. Les revenus des agriculteurs sont en chute libre (pouvant aller jusqu’à 22% entre 2022 et 2023).

Aujourd’hui, la perte de souveraineté alimentaire rend la décision politique difficile, voire impuissante. Des leviers existent cependant pour sécuriser l’accès à une alimentation de qualité pour toutes et tous.

1 Fédération des Services Sociaux, 2021.

2 Eurostat, 2019.