1er levier : l’accompagnement de la transition d’outils existants tels que la restauration collective

Le droit universel à une alimentation durable

La restauration collective (dans les hôpitaux, crèches, établissements d’enseignement, maisons de repos et de soins, restaurants d’entreprises …) est, avec un volume de 200.000 repas par jour, unanimement identifiée comme un vecteur majeur du développement des filières courtes en Wallonie. En témoignent, notamment, le Green Deal cantines durables, lancé en 2019 et prolongé en 2021 par le Gouvernement wallon, ou encore le dispositif « Coup de pouce du local dans l’assiette1 ».

Dans le même contexte, des initiatives se sont développées en matière d’accompagnement des cantines et des collectivités dans leur transition vers plus de durabilité. A titre d’exemples :

  • l’accompagnement collectif, tel que la Cellule « Manger Demain » le propose en vue de l’obtention d’un label « cantines durables » ;
  • l’accompagnement à la carte via le projet “Les cantiniers by Biowallonie” ;
  • l’accompagnement opérationnel individualisé proposé par le CDCD (Collectif Développement Cantines Durables) avec, entre autres, des projets tels que le potage-collation©.

En milieu scolaire, le taux de prise de repas chauds à la cantine est relativement bas en Fédération Wallonie Bruxelles (FWB) (12% en moyenne), comparativement à la France où ce taux est supérieur à 95%. Une telle différence est due au fait que, en FWB, la prise des repas est réalisée sur un temps non scolaire et que, contrairement à la France, on ne semble pas y considérer les repas scolaires comme une question de santé publique. Chez nous, le soutien public à l’accompagnement des démarches cantines durables est fluctuant. Ainsi, jusqu’à l’année scolaire 2022-2023, la FWB finançait le soutien à la transition alimentaire dans les écoles fondamentales via un appel à projets « alimentation saine ». Ce dispositif, dont des centaines d’écoles ont pu bénéficier, n’a pas été reconduit. En outre, la plupart des actions subventionnées visant la gratuité ne concernent que 20% des écoles fondamentales2 et n’englobent nullement les écoles secondaires et supérieures, voire les internats ou les crèches.

La transition vers des cuisines et des cantines durables ne peut, selon nous, se faire sans une concertation et un accompagnement de l’ensemble des acteurs concernés (du responsable des achats au consommateur final, en passant par tous les acteurs de terrain). Cet accompagnement doit s’inscrire dans un processus long afin de permettre le changement d’habitudes et de comportements de manière pérenne. Il ne peut être, à notre sens, ni conditionné, ni payant.

De manière plus décisive encore, le cadre législatif et réglementaire devrait être revu si l’on souhaite que la restauration collective et scolaire parvienne à négocier le tournant de la durabilité.

Sur cette base, voici nos propositions concrètes en faveur d’un accès à une alimentation de qualité pour tou·te·s :

1. Le financement public soutenant la demande des collectivités et des cantines pour une alimentation locale et durable est pérennisé et déployé

Ceci est envisageable via des dispositifs tels que le « Coup de pouce du local dans l’assiette »3. Son objectif est de faire progresser la relocalisation de l’approvisionnement des cantines dans le cadre du Green Deal Cantines Durables, et ce, en augmentant le budget alloué aux repas des cantines. Il permet de bénéficier d’un financement à hauteur de 50% des dépenses en produits locaux et à hauteur de 70% des dépenses pour les produits locaux et biologiques.

2. L’accompagnement opérationnel des cantines et des cuisines de collectivités durables est financé, de manière concertée et cohérente entre les différents niveaux de pouvoir concernés

Un tel accompagnement est essentiel pour assurer une approche globale de la transition des cuisines et des cantines. Tenir compte, de manière systémique, de questions telles que le gaspillage, la qualité et l’origine des approvisionnements, ou encore le rééquilibrage entre les parts animale et végétale dans les assiettes, est absolument nécessaire.

3. La prise de repas dans les écoles est intégrée dans le temps scolaire

  1. https://www.mangerdemain.be/coup-de-pouce-local-assiette ↩︎
  2. Il s’agit actuellement des repas gratuits financés par la FWB ou les potages-collations soutenus par le cabinet de la Ministre de l’Emploi, qui sont destinés à des écoles à indice socio-économique faible, qui correspondent à 20% des écoles fondamentales wallonnes. ↩︎
  3. Pour en savoir plus: https://www.mangerdemain.be/coup-de-pouce-local-assiette/ ↩︎