1er levier : la revalorisation des métiers de l’alimentation

Le droit universel à un cadre de travail décent

Les acteurs de l’alimentation sont confrontés à une double difficulté :

  • d’une part, la pénurie de main-d’œuvre touche de nombreux secteurs de l’alimentation : du maraîchage à la restauration en passant par les différents métiers de la distribution et de la transformation, comme la boulangerie, par exemple. En cause, des travaux journaliers souvent très lourds et exigeants, des conditions climatiques de plus en plus difficiles, des revenus toujours trop faibles, des métiers non attractifs, dévalorisés et déconnectés, des formations non adaptées, etc.
  • d’autre part, la baisse de rentabilité décrite ci-avant permet difficilement d’engager et de rémunérer des collaborateurs de manière attractive, en tout cas dans l’état actuel des dispositifs existants.

Dans ces circonstances, le CPA préconise de revaloriser les métiers de la chaîne alimentaire qui répondent au besoin essentiel et universel de se nourrir tout en créant les conditions permettant aux acteurs de se reconcentrer sur leur cœur de métier.

Voici nos propositions concrètes en ce sens :

1. Les métiers de l’ensemble de la chaîne sont revalorisés en tant que métiers-clés pour la relocalisation alimentaire et bénéficient d’un soutien en ce sens

Cette reconnaissance devrait être assortie d’aides à l’emploi et d’un allègement des charges sociales. En effet, les entreprises du secteur dépendent trop souvent d’aides à l’emploi assez rapidement limitées dans le temps, ou sont carrément exclues de certains dispositifs de soutien (SESAM, par exemple).

2. Les entreprises bénéficient d’un service d’aide au recrutement et à la gestion de la main-d’œuvre agricole personnalisé et gratuit

Ce service pourrait être inspiré de l’accompagnement technique des maraîchers mis en place par les Services agricoles de la Province de Liège.

3. L’émergence de dispositifs tels que les groupements d’employeurs et les coopératives d’emploi est favorisée au niveau financier et réglementaire

Ces dispositifs (type Terre Emploi ou DIES) ont pour but de soutenir les acteurs dans les domaines financier, administratif et des ressources humaines. Une grande partie des acteurs des circuits courts sont en effet de (très) petites structures qui, pour se développer, doivent concentrer tous leurs efforts sur la production de valeur ajoutée. Être soutenu par de tels organismes peut donc servir d’accélérateur à leur croissance et à la pérennisation de leurs activités.

4. Le citoyen a la possibilité d’être acteur de son alimentation en proposant un soutien bénévole aux acteurs économiques qui contribuent à une alimentation locale et durable

Ceci doit pouvoir être envisagé dans un cadre légal sécurisé en reconnaissant que cette forme d’aide participe pleinement à informer, conscientiser et rapprocher producteur et consommateur.

5. Les modèles économiques innovants, de type partenarial ou coopératif, venant en appui de la transition alimentaire, sont identifiés, renforcés et essaimés

Il s’agit de modèles capables d’associer aux dimensions sociale et environnementale la notion de viabilité économique nécessaire à la mise en place et au maintien d’entreprises résilientes et robustes.

6. Les dispositifs de formation intègrent des modalités répondant aux enjeux de durabilité

Il s’agit, ici, de redonner du sens aux métiers de l’alimentation afin d’en faire de vrais métiers de la transition.